L’autorité impériale: c’est le lien du faisceau.
Pourquoi cette autorité n’a jamais tenu toute la place qui lui revient — la Papauté l’a paralysée.
Lutte de la Papauté et de l’Empire — ses conséquences pour l’Italie.
Papauté romaine et Empire germanique. Tous deux — usurpateurs vis-à-vis <de> l’Orient — d’abord
Coup d’œil rapide sur cette lamentable histoire.
Tous les deux appellent en Italie l’étranger qui s’y établit à demeure. La Papauté, bien que diminuée, garde touj <ours> Rome, centre du monde. L’Empire, en croulant, lègue à l’Italie la domination autrichienne. La dernière lutte: l’Autriche plus étrangère que jamais. L’Italie plus déchirée que jamais. La Papauté se rapprochant de l’Autriche. La cause de l’Indépendance s’identifiant de plus en plus à la cause révolutionnaire. — Immense gravité de la situation.
Une intervention française, au profit de la Révolution, ne pouvant que l’aggraver. Déchirement. Lutte intérieure de tous les éléments entr’eux. Situation sans issue.
Seule issue possible.
L’Empire rétabli. La Papauté sécularisée…
II y a deux choses également et généralement détestées en Italie: les
Maintenant, quelle est la puissance qui serait en mesure de délivrer l’Italie des uns et des autres, sans donner gain de cause à la Révolution et sans ruiner l’Eglise. Cette puissance, si elle existe, est la protectrice — née de l’Italie.
Le Pape vis-à-vis de la Réforme.
La question romaine dans les temps actuels est insoluble. — Elle ne pourrait être résolue que par un retour de l’Eglise romaine vers l’Orthodoxie.
Il n’y a qu’un pouvoir temporel, appuyé sur l’Eglise universelle qui serait en mesure de réformer la Papauté, sans ruiner l’Eglise.
Ce pouvoir n’a jamais existé, ni put exister dans l’Occident. — Voilà pourquoi tous les pouvoirs temporels de l’Occident, depuis les Hohenstauffen jusqu’à Napoléon, dans leurs démêlés avec les Papes ont fini par accepter, pour auxiliaire, le principe anti-chrétien — tout comme les soi-disant réformateurs, et p<ar> le même motif.
Qu’est-ce que le parlement de Francfort? L’explosion de l’Allemagne idéologue. L’Allemagne idéologue — son histoire.
L’idée unitaire est son œuvre propre. Elle ne vient pas des masses, de l’histoire. — Ce qui le prouve, c’est l’utopie, le manque du sens de la réalité, qui ne manque jamais aux masses, mais presque touj <ours> aux lettrés.
L’unité allemande = prédominance européenne, mais où en sont les conditions?
Qu’était l’ancien Empire germanique aux temps de sa puissance? C’était un Empire, dont l’âme était romaine et le corps slave (conquis sur les Slaves). Ce qu’il y avait d’Allemand p<our ainsi> d<ire> ne contient pas l’étoffe nécessaire pour un Empire.
Entre la France qui pèse sur le Rhin et l’Europe Orientale, gravitant vers la Russie, il y a place pour de l’indépendance, mais non pour de la suprématie.
Or, une pareille condition politique, honnête, mais non prépondérante, appelle la fédération et se refuse à l’unité.
Car l’unité, le système unitaire suppose une Mission, et l’Allemagne n’en a plus…
Mais même, dans les étroites limites, l’unité organique est-elle possible pour l’Allemagne?
Le dualisme inhérent à l’Allemagne.
L’Empire, ce qui en était l’âme, brisé par la Réforme, et, par contre, le dualisme consacré par elle.
La guerre de 30 ans l’a organisé. Le dualisme devenu l’état normal de l’Allemagne. — Autriche, Prusse.
Cela a duré ainsi jusqu’à nos jours. La Russie, le véritable Empire, en les ralliant à elle a endormi l’antagonisme, mais ne l’a pas supprimé.
La Russie écartée, la guerre recommence.
L’unité impossible par principe, parce que… avec l’Autriche point d’unité. Sans l’Autriche pas d’Allemagne. L’Allemagne ne peut pas devenir Prusse, parce que la Prusse ne peut pas devenir Empire.
Empire suppose légitimité. La Prusse est illégitime.
L’Empire est ailleurs.
Provisoirement il y aura deux Allemagnes. C’est leur état de nature — l’unité leur viendra du dehors.
Toute la question de l’unité d’Allemagne se réduit maintenant à savoir si l’Allemagne voudra se résigner à devenir Prusse.
Il faudrait, bien entendu, que l’Allemagne le voulût
D’autre part, le roi de Prusse, par la nature même de son origine, ne peut jamais être empereur d’Allemagne. — Pourquoi cela? Par la même raison qui fait que Luther n’aurait jamais pu devenir Pape.
La Prusse n’étant autre chose que la
Une négation réussie —
Le principe d’unité pour l’Allemagne n’est plus en Allemagne…
Quelle était la signification de l’Autriche dans le passé? Elle exprimait le fait de la prédominance d’une race sur une autre, de la race allemande sur la race slave.
Comment ce fait a-t-il été possible? à quelle condition?.. l’explication historique de la chose (seulement dynastique).
Ce fait de la prédominance allemande sur les Slaves infirmé par la Russie.
Aboli par les derniers événements.
Qu’est-ce que l’Autriche
L’Autriche, devenue constitutionnelle, a proclamé la
Est-ce un système de neutralité générale? une pure négation?
Mais l’existence d’un grand Empire, basée sur une négation, est-elle possible?
La loi constitutionnelle est la loi de la majorité. Or, la majorité en Autriche étant slave, l’Autriche devrait devenir slave. — Cela est-il probable? ou même possible?
L’Autriche peut-elle cesser d’être allemande sans cesser d’être?
Rapports entre ces deux races politiques et psychologiques (v<oir> Fallmereyer).
L’oppression allemande n’est pas seulement une oppression politique, elle est cent fois pire. Car elle découle de cette idée de l’Allemand que sa prédominance sur le Slave est
P<ar> c<onséquent> l’impossibilité d’une sincère égalité de droit. Mais l’Allemand plie devant le fait accompli — comme en Russie. Ainsi la
Elle est allemande et restera allemande.
Qu’en résultera-t-il? Une guerre civile permanente des diverses nationalités non-allemandes contre les Allemands de Vienne, aussi bien que de ces nationalités entr’elles, au moyen de la légalité constitutionnelle.
Et c’est ainsi que la domination autrichienne au lieu d’être une garantie d’ordre ne sera qu’un ferment de Révolution.
Populations slaves obligées de se faire révolutionnaires pour maintenir leur nationalité contre un pouvoir allemand.
La Hongrie — qui, dans un Empire slave, aurait tout naturellement accepté la place subordonnée, que sa position lui fait. Acceptera-t-elle, vis-à-vis de l’Autriche, la condition que celle-ci prétend lui faire?..
Graves inconvénients, dangers — et finalement impossibilité — résultant de tout ceci pour la Russie.
Après cela l’Autriche est-elle possible? et pourquoi existerait-elle?
L’Autriche aux yeux de l’Occident n’a d’autre valeur que
d’être une conception antirusse, et cependant elle ne saurait exister sans l’aide de la Russie.
Est-ce là une combinaison viable?..
La question pour les Slaves de l’Autriche se réduit à ceci: ou rester Slaves en devenant Russes, ou devenir Allemands en restant Autrichiens.
L’Autriche — n’a plus de raison d’être. On a dit: si l’Autriche n’existait pas, il faudrait l’inventer — et pourquoi?
Pour s’en faire une arme contre la Russie, et l’événement vient de prouver que l’assistance, l’amitié, la protection de la Russie est une condition de vie pour l’Autriche.
Les Occidentaux jugeant la Russie, c’est un peu comme les Chinois jugeant l’Europe ou plutôt les Grecs (Greculi) jugeant
Ce qui les induit en erreur encore davantage, c’est la colonie occidentale des Russes civilisés, qui leur renvoie leur propre voix. —
L’Occident, ne voyant jusqu’à présent dans la Russie qu’un fait matériel, une force matérielle.
Pour lui la Russie est un effet sans cause.
C<’est >-à-d<ire> qu’
Savants et philosophes, ils ont supprimé, dans leurs aperçus historiques,
Et cependant, en présence de cette force purement matérielle, d’où leur vient ce quelque chose entre le respect et la crainte, le sentiment de
Ici encore l’instinct plus intelligent que la science. Qu’est-ce donc la Russie? Que représente-t-elle? Deux choses:
1) La race.
Le panslavisme, tombé dans le domaine de la phraséologie révolutionnaire. — Abus qu’on a fait de la nationalité. Costume de masque pour la Révolution. Les panslaves littéraires sont des idéologues allemands tout comme les autres.
Le panslavisme réel est dans les masses. Il se révèle au contact du soldat russe et du premier paysan slave venu, slovaque, serbe, bulgare etc., même magyar. Ils sont tous solidaires vis-à-vis du
Pas de nationalité politique possible pour les Slaves en dehors de la Russie.
Ici vient se placer la question
2) L’Empire.
La question de race n’est que secondaire ou plutôt ce n’est pas un principe. C’est un élément. Le principe plastique c’est la tradition orthodoxe.
La Russie est orthodoxe plus encore que slave. C’est comme orthodoxe qu’elle est dépositaire de
Ce que c’est que
Cette tradition niée par l’école révolutionnaire au même titre que la tradition dans l’Eglise.
C’est l’individualisme niant l’histoire.
Et cependant l’idée de l’Empire a été l’âme de toute l’histoire de l’Occident.